Activités culturelles
Résidence d'artiste au Lycée Martin Malvy
C’est Jade Tailhandier, diplômée 2025 de l’Ensad Limoges, qui est invitée du 12 novembre au 16 décembre en résidence au Lycée Martin Malvy de Cazères sur Garonne.
Dispositif Coup de pouce de l’Ensad Limoges et en partenariat avec la ressourcerie Récobrada.
Restitution le mardi 16 décembre à 16h30.
« Jade Tailhandier est une artiste pluridisciplinaire dont le travail est un écosystème mouvant et dissident. Elle utilise l’installation, l’écriture, la vidéo, la peinture, le dessin, la photographie, la céramique et la sculpture pour créer des artefacts qui racontent des histoires.
Dans une approche animiste et syncrétique, elle s’intéresse aux histoires portées par les objets : leur ancrage territorial, leur mémoire historique, leur potentiel symbolique.
Ces artefacts, souvent fabriqués à partir de matériaux recyclés, hybrident les esthétiques populaires du système D avec l’emploi de matériaux plus nobles tel que la porcelaine.
Jade s’intéresse aux espaces expérimentaux pour accueillir des formes de vie autres, en convoquant folklore, rêves, savoirs botaniques et rituels réinventés ou oubliés. Elle est traversée par le hopepunk, les pensées écoféministes, queer, pirate et décoloniale, autant de récits qui cherchent à faire émerger des alternatives. »
Jade va travailler en ateliers avec les élèves de la section céramique et l’option arts plastiques du Lycée.
A partir d’un récit élaboré par les élèves, des personnages et des mondes vont émerger. Une installation en témoignera dans le grand hall du Lycée appelé « le nuage » par les architectes qui l’ont conçu. Quoi de mieux que de faire apparaitre des mondes dans un nuage. Hétérotopies paréidoliques.
Restitution de la résidence Céramique/art contemporain de Fouzia Khaia au Lycée Martin Malvy jusqu’au 5 décembre
En partenariat avec l’Ecole Nationale Supérieure de Limoges, Fouzia Khaia, diplômée en juin 2025, a été accueillie sur le territoire par la Commune de Martres Tolosane du 8 au 19 septembre et du 6 au 31 octobre.
Restitution lors du Salon des Arts et du Feu le 31 octobre et 1er et 2 novembre sur le stand de Pahlm, au Musée archéologique du Donjon et au Musée de la Faïence et le 7 novembre au Lycée Martin Malvy.
« Mon projet s’inscrit dans la continuité de mes recherches menées lors de mon diplôme, autour du motif comme langage, entre décor ancestral et expérimentation contemporaine. À Martres Tolosane, ville façonnée par une histoire riche de faïence et d’artisanat, je souhaite interroger la mémoire des formes qui habitent ce territoire et les réactiver dans un contexte contemporain.
Le motif, dans sa dimension à la fois ornementale, rituelle et structurante, sera au cœur de mon travail. En explorant les décors de la faïence martraise et les répertoires graphiques de la région et en m’inspirant également des motifs romains liés à la présence de la ville romaine de Chiragan, je chercherai à comprendre comment ces formes se sont transmises, transformées et répétées au fil du temps. Ce processus de répétition et d’évolution me permettra de constituer une archive vivante de ces motifs, tout en expérimentant leur déplacement vers d’autres médiums, d’autres gestes et d’autres temporalités.
Les outils numériques et les techniques de conception paramétrique seront intégrés à ce travail, afin de générer de nouvelles variations, d’envisager des transformations impossibles à la main seule, et de créer un dialogue entre savoir-faire traditionnels et innovation
contemporaine. »
Visite d'exposition lors de la journée d'intégration
Focus Florine Berthier au Garage Portet. « A creux perdu ».
« À creux perdu », de Florine Berthier c’est 98 photographies, images de l’édition éponyme.
« Ici je parle de ce temps qui est et qui passe, de ce que l’on va retenir, de ce qui va rester et de cette vie qui s’émiette et qui s’effrite.
Ce qui m’intéresse, c’est la matière, c’est la répétition, c’est l’épuisement, c’est la tension.
Je suis intéressée par la sculpture et la tension des gestes, qui sont pour la plupart du temps répétitifs et précis.
Mon travail fige quelque chose, il fige un état des choses, il reste la trace de ce qui a été.
Aujourd’hui, tout va vite, autour de nous, tout va vite.
On essuie du regard un paysage à toute vitesse, on passe très vite à côté de choses qui nous échappent.
Qu’est ce qu’il nous reste ?
Je propose un récit poétique du travail, du précaire, de ce que fait le temps, le passage.
À travers l’écriture, j’explore et scrute ce qui défile.
Je parle de ce que l’on va retenir, de ce qui va rester.
Ici je parle de cette idée d’être un passant et de cette manière à se raccrocher au vivant, à toucher le vivant à parler de ce temps à marcher dans la boue et regarder cette écorce d’arbre tomber.
À creux perdu, c’est 98 patates en ciment. Un moulage par jour. C’est un travail intimement lié à l’oeuvre de Béla Tarr, Le cheval de Turin.
Un repas par jour, une seule papate chaude. C’est un travail de sculpture et de photographie.
Ici, il est question de temps qui passe, de cette vie qui s’emiette, qui s’effrite, de cette même usure, de cette même fatigue et de ce temps qui est et qui est dur. »
Que reste-t-il de nos activités humaines qui produisent sans cesse de nouveaux objets.
Quelle poussière d’absence allons-nous déposer sur le monde en partant.
Quelle est cette insistance à vouloir exister.
Produire une forme, même la plus simple, n’est ce pas une façon de résister.
Avec un seul doigt, on peut toujours écrire dans la poussière.
Leticia De Souza Bueno en résidence au Lycée Martin Malvy
Restitution Résidence Céramique/Art contemporain 2024. Camille Calvo et Florent Meng
Résidence du 9 au 21 septembre puis du 7 au 26 octobre.
Ici, l’objet proposé par les artistes ne sert pas à en produire un autre. Il documente des gestes, une méthode, un savoir-faire. Les moules reproduits en faïence et cuits en un seul bloc unissent et cèlent les différentes parties des moules originels et annulent donc la fonction matricielle du moule.
Le titre proposé par les artistes « Réunion » raconte peut-être la fin d’un certain âge d’or de la faïence et la perte des emplois dans les manufactures, phénomène global et déclin d’un modèle remplacé par la production de masse et la grande distribution.
C’est aussi simplement réunir des moules qui se côtoyaient sans dialogue, et ici, il y a même symbiose.
Les artistes ont aussi proposé l’assemblage comme une forme mobilière, des genres d’assises. Il y a dû en avoir des réunions d’ouvrières et d’ouvriers impuissants devant les changements imposés et qui ont fini par s’asseoir sur leur outils de travail.
Cet objet est aussi mémoriel, hommage aux femmes et aux hommes qui ont consacré leur vie à la reproduction traditionnelle d’un savoir-faire, mais aussi un objet en équilibre, et qui bascule vers l’après de la tradition, vers quelque chose qui va peut-être advenir. […]
Il a fallu fabriquer un objet (le moule) pour en fabriquer un autre (vase, assiette, …). Il a fallu fabriquer des outils pour fabriquer le moule qui a fabriqué l’objet. Dans cette chaine de fabrication/production/reproduction, les artistes ont placé cet objet supplémentaire, un geste inadéquat dans un système normé.
Créer, c’est ça, c’est placer un objet supplémentaire, faire un geste, se décaler, déhancher la pensée.
Claire Sauvaget en résidence au Lycée Martin Malvy du 12 01 au 25 03 2024
« C’est en option arts plastiques au Lycée Bellevue à Albi, en 2002, que j’ai découvert l’art contemporain avec Abraham Pointcheval accueilli en résidence, en lien avec le Centre d’art Le Lait. C’est dans la proximité avec un artiste et un projet collectif que peuvent naître l’envie de faire que l’art fasse partie de nos vies. Bien plus qu’un acte de création, c’est aussi pour moi un acte poétique et politique : L’art est un vecteur d’expression libre, et c’est ce qui nous rend humain. »
Claire Sauvaget
C’est donc toute la section céramique qui a travaillé avec l’artiste lors de sa résidence de 7 semaines au lycée. Un travail collectif pour une installation aérienne, dans « le nuage », grand hall du Lycée, dont certains éléments ont été fabriqués par les élèves.
Les expérimentations et travaux réalisés par la section céramique en atelier avec l’artiste et l’option arts-plastiques, dont l’ investissement fut exceptionnel, sont aussi montrés dans le hall du Lycée.
D’innombrables heures de travail pour formuler les matières, les couleurs, les formes, le tout en plusieurs séchages en étuve et cuissons dans un four immense à 1100°.
Noter les températures sur des courbes techniques, les heures, les bruits de craquements voire d’explosion, défournage 3 jours après !
De l’imaginaire de l’artiste, avec le temps de l’apprentissage des techniques, une langue à apprendre pour qui n’a jamais touché terre, à cette installation à l’échelle du grand hall, en passant par la science des matériaux, ce fut une aventure pour l’artiste, les enseignants, les élèves.
Et le temps de l’installation.
Suspendue par cette forêt de filins d’aciers, les nuages noirs flottent dans ce « nuage » blanc et portent des plaques de céramique en terres diverses, somme d’essais, d’expérimentations et de mille échecs réussis pour qui sait que l’œuvre d’un artiste est avant tout un palimpseste d’erreurs. Concevez l’erreur comme féconde et vous serez dans le progrès de vous-même. Claire Sauvaget avait une vision mais n’attendait rien. C’est pour cette raison que ce qui est là, a une si forte présence.
Et ensuite envisager l’espace, déterminer les hauteurs, laisser respirer, en trouvant comment rassembler ces miniatures minérales du monde qui nous attend si nous ne faisons rien … paysages à peine nés et déjà ruinés, dystopies. Ou, si nous nous engageons, luttant contre les noirs desseins, éclairer encore ce monde, même faiblement, réunir chacun des espoirs que nous semons et qui pourront grandir demain.
Aureline Caltagirone « Mythologie ordinaire », céramique/art contemporain, galerie du Lycée Martin Malvy. Jusqu’au 26 janvier 2024.
Martres Tolosane a accueilli pour la troisième année consécutive une résidence d’artiste du 11 au 23 septembre puis du 9 au 28 octobre.
Aureline Caltagirone a été choisie par un jury citoyen pour venir pendant 5 semaines développer un projet et proposer des collaborations aux publics. Le Lycée Martin Malvy et les écoles proches se sont associées aux recherches de l’artiste.
Mythologie ordinaire
« Je me suis intéressée à la technique du moulage, dont les gestes sont ancrés dans la mémoire collective de Martres, pour réactiver des objets aujourd’hui désuets, obsolètes et abandonnés à Récobrada par les habitants du territoire.
En travaillant sur des systèmes d’arrangement et d’assemblage de manière improvisée et empirique, et sur le mode d’une archéologie expérimentale, je m’efforce de construire des archives d’objets fictifs.
La disparité des formes et des matières est unifiée dans la matière et la couleur. Se dessine alors des outils spéculatifs, qui laissent apparaître une culture et des modes de vie parallèles.
Ces sculptures sont des présages et des formes d’anticipations. Elles interrogent notre relation aux objets et tentent de souligner le caractère évolutif des comportements humains. »
Aureline Caltagirone
Aureline Caltagirone est restée 5 semaines en résidence à Martres Tolosane, logée par la commune, elle a partagé le quotidien de l’atelier « Terres d’avenir » avec Dorine Cavagnal au cœur du village. Plus qu’un partage, leur cohabitation est devenue aussi une collaboration.
Quatre typologies de sculptures sont apparues : les capsules temporelles, les architectures, les accumulations et les outils spéculatifs.
Ce sont des histoires composées, complexes, des strates de l’histoire locale accumulées dans le désordre du temps mais dans un ordre formel. Les capsules temporelles que sont ses « Time Capsules » ne seront pas envoyées dans un vaisseau spatial mais vont circuler parmi nous. Elles deviennent témoignage d’un certain réel commun sans être appropriable pour autant.
Les architectures, directement exhumées du territoire, sorte de maquettes de villes fictives, sont des moulages en céramique de parties de moules en plâtre de la faïencerie du Matet aujourd’hui disparue. « Antre de Chiragan », elles sont des images fantôme rendues aux vivants. Il nous semble les reconnaitre sans les avoir jamais vues, dans doute parce qu’elle reproduisent des formes des vestiges de la Villa Romaine locale, formes que tous nous avons intégrées parce qu’elles font partie de notre territoire et y sont fondations et fondements.
Accumulations non pas des objets eux-mêmes mais de la mémoire que nous en avons, les « Agrégats domestiques » sont des concrétion mémorielles. Des tableaux pièges d’usages, figés dans le temps et dans la terre, comme l’après d’un quotidien atemporel, fixé éternellement par une catastrophe redoutée.
Le fantomatique est présent là encore dans ces outils spéculatifs que sont les « réminiscences ». Ce bleu velouté, marqué du sceau du vide, du ciel, de l’air. Cette famille d’objets bleus dont la couleur, tellement puissante, seule, en supprime l’usage.
Ces formes inventées sont ce qu’elles sont et reviennent au source du design que sont peut-être l’art et la poésie.
Ce sont des objets qui résolvent tout, des objets parfaits, puisqu’objets rêvés, poétiques, objets sans objet, objets qui ne servent à rien d’autre que ce qu’ils désignent. Des objets poèmes.
Dès son arrivée, Aureline a « vu » plus qu’observé. Elle a vu les moules de l’ancienne faïencerie du Matet avec leurs élastiques noires en lanières de chambre à air, le dessin des fouilles de la villa romaine de Chiragan, plan des fondations découvertes puis ensevelies, les objets anciens à la ressourcerie Récobrada et des morceaux de jouets abandonnés. Elle est venue au Lycée Martin Malvy animer des ateliers avec les élèves de la section céramique. Elle est intervenue à l’Ehpad Jeanne Penent de Cazères. Elle a vu le potentiel créatif d’un dialogue intergénérationel autour de l’objet.
Ce fut un travail de l’œil et de la main et une écoute sensible de l’environnement.
Elle a prélevé des objets, des formes, des paroles, des activités et de l’histoire locale.
Quand en faisant, en plongeant sa main dans la terre et le plâtre, le projet et sa forme nait. Qu’ après les repentis et les renoncements, les épiphanies et les hasards, les contraintes et les volontés, au-delà d’une conscience du faire, la composition apparait dans son évidente nécessité.
Hybridations, stratifications, accumulation, … d’autres formes naissent alors d’un langage et d’un vocabulaire contemporain.
La même matière pourtant, mais produisant des signes et des objets qui interrogent notre société et nos comportements parce qu’informée de la pensée d’aujourd’hui, intrinsèquement étonnée du présent qui la devance.
Penser la matière ne peut se libérer ni des contingences du matériaux ni du contexte matériel et temporel.
Et gageons de la prescience des artistes.
Focus Océane Moussé au Garage Portet de Palaminy
Le chassis de 2,40 x 1,50 a été réalisé avec du bois de récupération à l’atelier bois de Récobrada. La toile sera du drap de lit, lieu, s’il en est, du songe, du rêve, de l’insondable sommeil du voyageur immobile.
« “on the road again” est une installation poétique convoquant nos souvenirs, notre mémoire emmêlée, une sorte de ritournelle des voyages en automobile.
La résidence se déroule dans un garage en activité. Je n’ai pas de voiture, je ne conduis pas, et je ne l’aime pas particulièrement, écologiste dans l’âme, j’ai tendance à m’en détourner. Pour autant, mon passage au garage Portet ravive mes souvenirs d’enfance, où se mélangent paysages pluvieux et huile de moteur, les refrains en boucle du garagiste et les chansons ensorcelantes de l’auto-radio, les terres parcourues, les textures, l’ailleurs.
C’est donc dans une grande rêverie que je conçois cette exposition.
Un vieux drap en guise de toile tendu sur un châssis fait de bois réutilisé et usiné à l’atelier bois de Récobrada. Drap du lit, lieu du rêve, réceptacle des fantasmagories. Je réalise ensuite une peinture à l’huile de vidange trouvée sur place, qui vient construire un paysage, un de ceux que je vois défiler enfant, quand je regarde le ciel par la vitre de la voiture.
Jour après jour, l’huile se diffuse et s’éclaircit, à l’image du souvenir ou des gouttes d’eau qui viennent brouiller le paysage.
Au sol, comme un écho aux traces de pneus dans la boue, les bandes de plâtres, celles utilisées dans le soin des fractures de membres, dans ce contexte de l’indispensable réparation qu’est le garage, viennent prendre l’empreinte du paysage, réparer quelque chose de l’ordre de l’oubli, cassure momentanée entre un réel vécu et un présent qui s’en éloigne, et l’installer en vitrine. Les bandes de plâtre ont été posées sur un tronc d’arbre, des imperfections du sol, des gravillons, des traces d’usages, de circulation et de mouvements. Une des empreintes de tronc a pris corps en enveloppant une tranche de bidon d’huile découpée avec l’aide de Mr Portet, le garagiste. La rouille, petit à petit, se fraie un chemin à travers le plâtre. A l’image de l’huile de vidange qui continue à être en mouvement après mon intervention, la rouille viendra tacheter le plâtre au fil du temps.
La vitrine, peinte au blanc de Meudon, laisse apparaître en pochoir les mots de la chanson “On the road again”, partition en creux qui vient se projeter en lettres de lumière à l’intérieur, sur le reste de l’installation, lorsque la nuit tombe.
Enfin, à l’intérieur de la galerie, se diffuse une « bande » son où les seuls mots “on the road again” désolidarisés du reste des textes, et issus de 7 chansons différentes, tournent en boucle, comme un disque rayé, mêlant blues, rock et chansons populaires », là encore, l’expression, on the road again, vient réparer, réassembler les cassures spatiales des déplacements, des départs, des voyages répétés. »
Océane Moussé et Carl Hurtin
Focus au Garage Portet
La crise sanitaire nous a imposé l’idée que, lors des confinements à répétition, il nous fallait aussi continuer les rencontres avec les artistes et proposer des expositions visibles depuis l’espace public.
Le garage Portet à Palaminy est un lieu privé mais un espace offert aux « clients » qui deviennent le « public » d’une exposition.
Une grande vitrine qui fait échange puisque l’intérieur est visible de l’extérieur. Vitrine qui fait écran puisque l’artiste peut y intervenir et jouer d’un dialogue entre les espaces, y compris l’espace public qui peut être investi par l’artiste. Un espace pour le temps aussi. Le temps pour l’artiste de concevoir, le temps du repenti, le temps pour l’artiste de penser son travail avec le lieu, le temps bousculé aussi et le temps traversé, le temps de la résidence, passé à être présent.
Résidence à Récobrada du 1er mars au 1er avril 2023
De la musique partout ! Dans le cadre de Porter l’objet, interventions et concerts de Rhapsodix en résidence
Interventions :
– Le 31 mars au Lycée Martin Malvy à 11h30 pour le vernissage de « Porter l’objet » et restitution de la résidence de Géraldine Fohr à Récobrada.
Le 1er avril :
– 10h00, intervention à la Médiathèque du Fousseret pour le vernissage de « Porter l’objet » et restitution de la résidence de Géraldine Fohr à Récobrada.
– intervention à Récobrada à 15h30
– Concert à la salle du Picon, Le Fousseret à 20h30
Entre le 27 et le 31 interventions :
Lundi 27 mars
– 15h15 au Lycée Martin Malvy à Cazères
Intervention Salle B 210, 5mn + bord de scène 10mn
Mardi 28 mars
– 10h15 au Lycée Martin Malvy à Cazères
Intervention Salle Arts Appliqués + bord de scène 10mn
– 10h 30 au Lycée Martin Malvy à Cazères
Intervention Salle B 203 + bord de scène 10mn
Mercredi 29 mars
– 12h15 au Lycée Martin Malvy à Cazères
Mini concert 15mn à la Cantine + bord de scène
Jeudi 30 mars
– 13h15 à la cantine du Lycée Martin Malvy à Cazères
Intervention CDI 10mn + bord de scène 10mn
– 14 h au Lycée Martin Malvy à Cazères
Intervention Salle de Tour Section Céramique 10mn + bord de scène
Vendredi 31mars
Vernissage « Porter l’objet » à 11h30 au Lycée Martin Malvy à Cazères
– 17h35 Lycée Martin Malvy
Parvis/parking bus
Restitution de la Résidence de Lucie Ponard au Lycée Martin Malvy. Exposition du 6 janvier au 10 mars 2023 .
Lucie Ponard est l’artiste sélectionnée pour venir partager la vie du Lycée Martin Malvy pendant 5 semaines en novembre et décembre et expérimenter avec les élèves de la section céramique et les élèves de l’option Arts Plastiques.
A partir de terres d’excavation locales, considérées comme impropres à la fabrication de céramiques, l’artiste a essayé d’en tirer le meilleur. Coulage, tournage, émaillage, ces terres ont été travaillées pour devenir formes hybrides, formes nouvelles. Entre design, artisanat et art contemporain, les élèves ont collaboré à des expériences inédites.
Les élèves de l’option Arts Plastiques ont inventé, avec Lucie, de nouveaux pigments, de nouvelles couleurs, à partir des terres pilées puis filtrées.
Transmutation de la matière, alchimie, la terre locale va nous révéler son histoire, sa nature et son âme.
Des moules anciens de la Faïencerie du Matet à Martres Tolosane, ont aussi été prélevés pour leurs détails, cabochons, poignées, petits décors moulés, en expérimentation du presque rien de l’objet, répertoire de l’insignifiant qui pourtant participe de son ergonomie ou de sa pure beauté formelle.
Résidence Céramique/Art Contemporain
Martres Tolosane va accueillir pour la deuxième année consécutive une résidence d’artiste du 12 au 24 septembre puis du 10 au 29 octobre.
Roxane Vermis a été choisie par un jury citoyen pour venir pendant 5 semaines développer un projet et proposer des collaborations aux publics. Le Lycée Martin Malvy et les écoles proches vont aussi s’associer aux recherches de l’artiste.
« Mes projets plastiques émergent d’un territoire, d’un espace commun ou d’un paysage.
J’aime que ce lieu soit porteur d’histoires, de légendes, de rumeurs et que celles-ci me soient racontées par les personnes que j’y croise. J’aime m’imprégner d’un espace et le transposer dans mes sculptures qui naissent alors de ces récits.
A Martres Tolosane, j’aimerais pouvoir rencontrer, dans un premier temps, les artisan.e.s locaux et constituer, depuis les objets qu’ils produisent et l’histoire du lieu, un répertoire de formes. »
Roxane Vermis
L’artiste propose de co-créer, avec les habitants, les artisans de Martres et les partenaires, des formes empilables.
Chacune des pièces sera personnelle et, assemblées, elles formeront des sculptures totémiques, des œuvres collectives.
Elle propose aussi d’effectuer des recherches d’enfumage et de décoration avec les éléments organiques (lait et recettes expérimentées lors de la résidence).
L’artiste imagine un partage des connaissances, un travail en commun dans un esprit convivial, des expériences comme des recettes de cuisine réalisées à plusieurs.
Roxane souhaite cuire dans différents types de four et créer alors des moments de rassemblement autour de la cuisson.
Elle envisage de créer aussi une sculpture-outil permettant de faire des émaillages in situ.
Elle veut rassembler l’art et l’artisanat et que chacun-e puisse apporter une part d’histoire, une part de son histoire.
Par ailleurs, le contexte pourrait l’amener à faire de nouvelles propositions.
Roxane Vermis a été diplômée de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Tarbes en 2022.
Expositions « D’autres formes » dans 4 lieux différents du territoire du 29 octobre au 10 décembre.
A l’occasion du Salon des Arts et du Feu à Martres Tolosane le 29, 30, 31 octobre et 1er novembre.
A la Médiathèque du Fousseret, au Musée de la Céramique de Martres Tolosane et au Lycée Martin Malvy.
Hybridations, stratifications, accumulation, … d’autres formes naissent alors d’un langage et d’un vocabulaire contemporain.
La même matière pourtant, mais produisant des signes et des objets qui interrogent notre société et nos comportements parce qu’informée de la pensée d’aujourd’hui, intrinsèquement étonnée du présent qui la devance.
Penser la matière ne peut se libérer ni des contingences du matériaux ni du contexte matériel et temporel.
Et gageons de la prescience des artistes.
Focus Chiara Scarpone
Résidence de Chiara Scarpone au Garage Portet de Palaminy.
Vous pourrez venir la rencontrer au garage du mardi 20 au samedi 24 septembre. Vernissage le samedi 24 à 10h.
Appel à don de dictons ou de proverbes ! Envoyez vos dictons ou proverbes à contact.pahlm@gmail.com (objet don de dicton). Ils seront en partie retranscrits, intégrés dans le mur dessiné de Chiara Scarpone.
Exposition du 24 septembre au 29 octobre
Du mardi au vendredi 9h – 12h, 14h – 18h et le samedi 9h – 12h.
L’artiste est invitée à investir des espaces : galerie, vitrine, espace extérieur, parking, au Garage Portet, 4 Avenue de Cazères, 31220 Palaminy (31).
La crise sanitaire nous a imposé l’idée que, lors des confinements à répétition, il nous fallait aussi continuer les rencontres avec les artistes et proposer des expositions visibles depuis l’espace public.
Le garage Portet à Palaminy est un lieu privé mais un espace offert aux « clients » qui deviennent le « public » d’une exposition.
Une grande vitrine qui fait échange puisque l’intérieur est visible de l’extérieur. Vitrine qui fait écran puisque l’artiste peut y intervenir et jouer d’un dialogue entre les espaces, y compris l’espace public qui peut être investi par l’artiste. Un espace pour le temps aussi. Le temps pour l’artiste de concevoir, le temps du repenti, le temps pour l’artiste de penser son travail avec le lieu, le temps bousculé aussi et le temps traversé, le temps de la résidence, passé à être présent.
« Le feu a permis à l’homme de se chauffer, de se protéger des bêtes sauvages, de coloniser de nouveaux territoires, de libérer de l’énergie et de la place pour son cerveau en facilitant sa digestion et en diminuant la taille de son appareil masticatoire… C’est au cours de ces heures grappillées à la nuit, lorsque l’obscurité lui interdisait de s’éloigner du foyer et de ses semblables, confronté à une oisiveté nouvelle, qu’il a pu échanger, converser, développer une pensée symbolique, échafauder les premiers mythes ».
Gwenn Rigal « Le temps sacré des cavernes »
Je suis née au Sud de l’Italie, dans un port au bord de la mer Adriatique.
Là-bas, on ne sort pas les après-midis d’été parce qu’il fait trop chaud. Le mauvais œil peut te rendre malade et il y a une statue de la Vierge dans presque chaque maison.
Là-bas, l’ennui est féroce. Pour y survivre, les gens racontent des histoires, contes et légendes ; ils chantent des chansons qui se transforment en passant de bouche à oreille. Cela constitue l’identité commune du village. J’ai toujours été fascinée par le pouvoir hypnotique de la tradition orale. Avec le temps, je me suis rendu compte qu’elle méritait une attention particulière qui trouverait son expression dans ma pratique artistique.
Mon identité graphique s’exprime la plupart du temps par des techniques de soustraction, par exemple à travers le scratchboard, dans lequel je gratte le noir pour faire surgir les images qui hantent mon univers.
La linogravure me permet de graver une trace dans la matière. Sa reproductibilité grâce à l’impression implique un processus de répétition obsessionnelle de signes et de symboles que je me suis appropriés et qui proviennent autant de l’art rupestre que du graffiti.
Le dessin a toujours été mon moyen d’expression préféré. Mon intention est d’aller au-delà de la dimension narrative de ce médium et de l’explorer au maximum de son potentiel en touchant à d’autres formes d’art visuel comme l’installation, la photo et la performance.
Je suis à la recherche des manifestations de l’inquiétude humaine, dont l’anthropologie et la culture populaire expriment la richesse. C’est un terrain fertile, dans lequel la tradition orale, la magie, la puissance des symboles, la violence castratrice de la religion ont traversé les temps pour s’installer dans le nôtre.
Je traduis à travers le dessin ce profond intérêt pour l’anthropologie avec l’intention de partager mes interrogations :
– Pourquoi et quand les êtres humains ont-ils eu besoin de développer la pensée symbolique ?
– Pourquoi cherchons-nous des réponses ?
– Comment ce sous-bois de symboles et de croyances coexiste-t-il avec notre époque ?
Quand je me promène en observant la beauté malade de la ville, rassurée par le confort de la modernité qui m’entoure, je me demande où se cachent nos peurs ancestrales : la mort, l’inconnu, la peur du féminin. Et en marchant, je regarde mon ombre et je me laisse surprendre par cette silhouette qui conserve quelque chose du singe…un singe avec une grande imagination.
Chiara Scarpone
Expositions La couleur de l’objet
4 expositions collectives avec Jeanne Ducau, Wendy Vachal, Marion Le Torrivellec, Emma Haëck, Caroline Pandelé et les œuvres de Frédéric Di Martino, David Wolle, Vanessa Notley du Frac Occitanie Montpellier.
– Galerie du Lycée Martin Malvy
– Œuvres de Jeanne Ducau réalisées pendant sa résidence à Récobrada et Emma Haëck, artiste invitée.
– Travail d’atelier de l’Option Arts Plastiques
– Restitution d’atelier d’une formation au Parcours d’accompagnement artistique et culturel avec PAHLM et le service départemental de la jeunesse de l’engagement et du sport (SDJES 31).
Visites sur rendez-vous au 06 35 28 42 17
Jeanne Ducau
« Céramiste et plasticienne, j’utilise les ornements, les objets de décoration, le luxe du quotidien, des références colorées surjouées, que j’assemble pour créer d’autres objets et de nouvelles images entre art contemporain, design d’objet et arts numériques.
Tuning de porcelaine, buffet à volonté de bibelots, je suis glaneuse IRL (In Real Life) et virtuelle.
Je crée mes objets par accumulation et collage ou assemblage en 3D.
Céramiste, je pratique un art du DIY (Do It Yourself) où les objets et les images se répondent par allers retours constants.
Alors étudiante au Beaux-Arts de Limoges, je suis tombée amoureuse de la porcelaine, matière et objets. Les bibelots, assiettes, objets décoratifs sont la base de mon travail. Vestiges du passé, souvent abandonnés dans les Emmaüs, les ressourceries, j’aime me les approprier, leur redonner une vie dans mes décorums. Qu’ils soient objets de consommations de masse, produits à grande échelle, objets artisanaux, emblématiques d’une région, triviaux ou objets de luxe, ils témoignent d’un goût, d’une époque, de cultures. Je joue avec ces références et, à force de glanage, puis d’accumulation et d’assemblages, de constructions colorées, je viens réinventer l’idée même du vase, objet décoratif par excellence.
Idéalisation autant que critique de l’objet, se réappropriant les code de la décoration, mon travail interroge notre société hyper représentée, hyper productive, hyper consommée. »
Marine Nouvel en résidence au Lycée Martin Malvy à Cazères