Artiste en résidence / Rencontres et Expositions 2022
Il s'agit de Lucie Ponard, qui va sillonner le territoire pour trouver des terres d'excavation et les travailler pour en extraire des émaux et des formes. Les élèves seront associés a ses recherches, de l'analyse physicochimique des terres à l'élaboration des objets.
Pour en savoir plus sur les travaux de Lucie cliquez ici
Dans le cadre de sa résidence, Lucie intervient avec les classes de CAP tournage et décoration en proposant des travaux à partir de terres d'excavations récupérées sur des chantiers locaux.
Les terres argileuses mélangées ou pas à de la bentonite sont tamisées et préparées avec les élèves dans le but d'élaborer des pâtes exploitables pour l'élaboration de pièces. Des échantillons ont été cuits à différentes températures en guise de tests. Des essais de tournage avec ces pâtes sont aussi effectués.
L'objectif de ces séances est de sensibiliser les élèves à l'usage de ressources locales pour la fabrication de pièce en céramique. Cette démarche est au coeur des travaux de recherche de Lucie.
Avec les élèves de l'option arts plastiques, Lucie intervient sur un projet d'élaboration de gouache pigmentée avec des terres locales, gouache qui sera utilisée dans le cadre de travaux de peintures réalisés par ces élèves.
Restitution de la Résidence de Lucie Ponard au Lycée Martin Malvy. Exposition du 6 janvier au 10 mars 2023 .
Lucie Ponard est l’artiste sélectionnée pour venir partager la vie du Lycée Martin Malvy pendant 5 semaines en novembre et décembre et expérimenter avec les élèves de la section céramique et les élèves de l’option Arts Plastiques.
A partir de terres d’excavation locales, considérées comme impropres à la fabrication de céramiques, l’artiste a essayé d’en tirer le meilleur. Coulage, tournage, émaillage, ces terres ont été travaillées pour devenir formes hybrides, formes nouvelles. Entre design, artisanat et art contemporain, les élèves ont collaboré à des expériences inédites.
Les élèves de l’option Arts Plastiques ont inventé, avec Lucie, de nouveaux pigments, de nouvelles couleurs, à partir des terres pilées puis filtrées.
Transmutation de la matière, alchimie, la terre locale va nous révéler son histoire, sa nature et son âme.
Des moules anciens de la Faïencerie du Matet à Martres Tolosane, ont aussi été prélevés pour leurs détails, cabochons, poignées, petits décors moulés, en expérimentation du presque rien de l’objet, répertoire de l’insignifiant qui pourtant participe de son ergonomie ou de sa pure beauté formelle.
Expositions La couleur de l’objet
4 expositions collectives avec Jeanne Ducau, Wendy Vachal, Marion Le Torrivellec, Emma Haëck, Caroline Pandelé et les œuvres de Frédéric Di Martino, David Wolle, Vanessa Notley du Frac Occitanie Montpellier.
– Galerie du Lycée Martin Malvy
– Œuvres de Jeanne Ducau réalisées pendant sa résidence à Récobrada et Emma Haëck, artiste invitée.
– Travail d’atelier de l’Option Arts Plastiques
– Restitution d’atelier d’une formation au Parcours d’accompagnement artistique et culturel avec PAHLM et le service départemental de la jeunesse de l’engagement et du sport (SDJES 31).
Visites sur rendez-vous au 06 35 28 42 17
Jeanne Ducau
« Céramiste et plasticienne, j’utilise les ornements, les objets de décoration, le luxe du quotidien, des références colorées surjouées, que j’assemble pour créer d’autres objets et de nouvelles images entre art contemporain, design d’objet et arts numériques.
Tuning de porcelaine, buffet à volonté de bibelots, je suis glaneuse IRL (In Real Life) et virtuelle.
Je crée mes objets par accumulation et collage ou assemblage en 3D.
Céramiste, je pratique un art du DIY (Do It Yourself) où les objets et les images se répondent par allers retours constants.
Alors étudiante au Beaux-Arts de Limoges, je suis tombée amoureuse de la porcelaine, matière et objets. Les bibelots, assiettes, objets décoratifs sont la base de mon travail. Vestiges du passé, souvent abandonnés dans les Emmaüs, les ressourceries, j’aime me les approprier, leur redonner une vie dans mes décorums. Qu’ils soient objets de consommations de masse, produits à grande échelle, objets artisanaux, emblématiques d’une région, triviaux ou objets de luxe, ils témoignent d’un goût, d’une époque, de cultures. Je joue avec ces références et, à force de glanage, puis d’accumulation et d’assemblages, de constructions colorées, je viens réinventer l’idée même du vase, objet décoratif par excellence.
Idéalisation autant que critique de l’objet, se réappropriant les code de la décoration, mon travail interroge notre société hyper représentée, hyper productive, hyper consommée. »
Focus Chiara Scarpone
Résidence de Chiara Scarpone au Garage Portet de Palaminy.
Vous pourrez venir la rencontrer au garage du mardi 20 au samedi 24 septembre. Vernissage le samedi 24 à 10h.
Appel à don de dictons ou de proverbes ! Envoyez vos dictons ou proverbes à contact.pahlm@gmail.com (objet don de dicton). Ils seront en partie retranscrits, intégrés dans le mur dessiné de Chiara Scarpone.
Exposition du 24 septembre au 29 octobre
Du mardi au vendredi 9h – 12h, 14h – 18h et le samedi 9h – 12h.
L’artiste est invitée à investir des espaces : galerie, vitrine, espace extérieur, parking, au Garage Portet, 4 Avenue de Cazères, 31220 Palaminy (31).
La crise sanitaire nous a imposé l’idée que, lors des confinements à répétition, il nous fallait aussi continuer les rencontres avec les artistes et proposer des expositions visibles depuis l’espace public.
Le garage Portet à Palaminy est un lieu privé mais un espace offert aux « clients » qui deviennent le « public » d’une exposition.
Une grande vitrine qui fait échange puisque l’intérieur est visible de l’extérieur. Vitrine qui fait écran puisque l’artiste peut y intervenir et jouer d’un dialogue entre les espaces, y compris l’espace public qui peut être investi par l’artiste. Un espace pour le temps aussi. Le temps pour l’artiste de concevoir, le temps du repenti, le temps pour l’artiste de penser son travail avec le lieu, le temps bousculé aussi et le temps traversé, le temps de la résidence, passé à être présent.
« Le feu a permis à l’homme de se chauffer, de se protéger des bêtes sauvages, de coloniser de nouveaux territoires, de libérer de l’énergie et de la place pour son cerveau en facilitant sa digestion et en diminuant la taille de son appareil masticatoire… C’est au cours de ces heures grappillées à la nuit, lorsque l’obscurité lui interdisait de s’éloigner du foyer et de ses semblables, confronté à une oisiveté nouvelle, qu’il a pu échanger, converser, développer une pensée symbolique, échafauder les premiers mythes ».
Gwenn Rigal « Le temps sacré des cavernes »
Je suis née au Sud de l’Italie, dans un port au bord de la mer Adriatique.
Là-bas, on ne sort pas les après-midis d’été parce qu’il fait trop chaud. Le mauvais œil peut te rendre malade et il y a une statue de la Vierge dans presque chaque maison.
Là-bas, l’ennui est féroce. Pour y survivre, les gens racontent des histoires, contes et légendes ; ils chantent des chansons qui se transforment en passant de bouche à oreille. Cela constitue l’identité commune du village. J’ai toujours été fascinée par le pouvoir hypnotique de la tradition orale. Avec le temps, je me suis rendu compte qu’elle méritait une attention particulière qui trouverait son expression dans ma pratique artistique.
Mon identité graphique s’exprime la plupart du temps par des techniques de soustraction, par exemple à travers le scratchboard, dans lequel je gratte le noir pour faire surgir les images qui hantent mon univers.
La linogravure me permet de graver une trace dans la matière. Sa reproductibilité grâce à l’impression implique un processus de répétition obsessionnelle de signes et de symboles que je me suis appropriés et qui proviennent autant de l’art rupestre que du graffiti.
Le dessin a toujours été mon moyen d’expression préféré. Mon intention est d’aller au-delà de la dimension narrative de ce médium et de l’explorer au maximum de son potentiel en touchant à d’autres formes d’art visuel comme l’installation, la photo et la performance.
Je suis à la recherche des manifestations de l’inquiétude humaine, dont l’anthropologie et la culture populaire expriment la richesse. C’est un terrain fertile, dans lequel la tradition orale, la magie, la puissance des symboles, la violence castratrice de la religion ont traversé les temps pour s’installer dans le nôtre.
Je traduis à travers le dessin ce profond intérêt pour l’anthropologie avec l’intention de partager mes interrogations :
– Pourquoi et quand les êtres humains ont-ils eu besoin de développer la pensée symbolique ?
– Pourquoi cherchons-nous des réponses ?
– Comment ce sous-bois de symboles et de croyances coexiste-t-il avec notre époque ?
Quand je me promène en observant la beauté malade de la ville, rassurée par le confort de la modernité qui m’entoure, je me demande où se cachent nos peurs ancestrales : la mort, l’inconnu, la peur du féminin. Et en marchant, je regarde mon ombre et je me laisse surprendre par cette silhouette qui conserve quelque chose du singe…un singe avec une grande imagination.
Chiara Scarpone
Résidence Céramique/Art Contemporain
Martres Tolosane va accueillir pour la deuxième année consécutive une résidence d’artiste du 12 au 24 septembre puis du 10 au 29 octobre.
Roxane Vermis a été choisie par un jury citoyen pour venir pendant 5 semaines développer un projet et proposer des collaborations aux publics. Le Lycée Martin Malvy et les écoles proches vont aussi s’associer aux recherches de l’artiste.
« Mes projets plastiques émergent d’un territoire, d’un espace commun ou d’un paysage.
J’aime que ce lieu soit porteur d’histoires, de légendes, de rumeurs et que celles-ci me soient racontées par les personnes que j’y croise. J’aime m’imprégner d’un espace et le transposer dans mes sculptures qui naissent alors de ces récits.
A Martres Tolosane, j’aimerais pouvoir rencontrer, dans un premier temps, les artisan.e.s locaux et constituer, depuis les objets qu’ils produisent et l’histoire du lieu, un répertoire de formes. »
Roxane Vermis
L’artiste propose de co-créer, avec les habitants, les artisans de Martres et les partenaires, des formes empilables.
Chacune des pièces sera personnelle et, assemblées, elles formeront des sculptures totémiques, des œuvres collectives.
Elle propose aussi d’effectuer des recherches d’enfumage et de décoration avec les éléments organiques (lait et recettes expérimentées lors de la résidence).
L’artiste imagine un partage des connaissances, un travail en commun dans un esprit convivial, des expériences comme des recettes de cuisine réalisées à plusieurs.
Roxane souhaite cuire dans différents types de four et créer alors des moments de rassemblement autour de la cuisson.
Elle envisage de créer aussi une sculpture-outil permettant de faire des émaillages in situ.
Elle veut rassembler l’art et l’artisanat et que chacun-e puisse apporter une part d’histoire, une part de son histoire.
Par ailleurs, le contexte pourrait l’amener à faire de nouvelles propositions.
Roxane Vermis a été diplômée de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Tarbes en 2022.
Expositions « D’autres formes » dans 4 lieux différents du territoire du 29 octobre au 10 décembre.
A l’occasion du Salon des Arts et du Feu à Martres Tolosane le 29, 30, 31 octobre et 1er novembre.
A la Médiathèque du Fousseret, au Musée de la Céramique de Martres Tolosane et au Lycée Martin Malvy.
Hybridations, stratifications, accumulation, … d’autres formes naissent alors d’un langage et d’un vocabulaire contemporain.
La même matière pourtant, mais produisant des signes et des objets qui interrogent notre société et nos comportements parce qu’informée de la pensée d’aujourd’hui, intrinsèquement étonnée du présent qui la devance.
Penser la matière ne peut se libérer ni des contingences du matériaux ni du contexte matériel et temporel.
Et gageons de la prescience des artistes.